88 - Couple illégitime à Ouarzazate !

Publié le par Kinou


Après l’avoir évoquée rapidement avec Ptitamour dans des commentaires, je vais vous parler de la difficulté de trouver à se loger de façon provisoire et légale au Maroc, c'est-à-dire à l’hôtel, quand on est un couple non marié, certes, mais de surcroît franco-marocain !

Attention, j’entends par couple mixte, un homme français et une femme marocaine, bien sûr, car dans l’autre sens ça ne pose aucun problème à personne, pas plus qu’un couple homme-homme ou femme-femme…

Il faut savoir qu’au Maroc, un couple mixte comme nous l’étions est susceptible d’être contrôlé dans un tas de circonstances, par exemple en circulant tous les deux en voiture, ce que nous n’avons pas cessé de faire durant ces 10 jours, mais c’est en principe déconseillé… Pour ce qui est de trouver un endroit où passer la nuit, je vous raconte même pas ! (Si, attendez, je vous raconte…). La loi marocaine interdit formellement à un couple non marié de partager le même lit, ce qui n’est pas un problème quand on n’a pas besoin de l’hôtel ! Car quand vous prenez une chambre, vous remplissez une fiche de police chacun, avec nom, adresse, n° de passeport ou de carte d’identité, j’en passe. Les infos sont portées à la connaissance des autorités compétentes, autrement dit la police de sa majesté. Et vous n’êtes pas à l’abri de voir débarquer en pleine nuit un escadron de pandores qui va embarquer tout le monde, et c’est dans notre cas Fati qui risque le plus gros, à savoir une condamnation pour prostitution, comme je vous le dit !

En dehors du temps passé à Essaouira, où nous logions sans problème dans un appartement de la médina, « chez l’habitant », pourrait-on dire, il nous a fallu trouver un nid pour notre petit tour à Ouarzazate, et à Marrakech. Fati m’avait prévenu que ce serait peut-être un peu « épique »… Le mot est faible !

Je vais au passage faire un peu de pub gratuite et dénonciatrice pour certains établissements, mais c’est de bonne guerre, non ?

Nous sommes donc partis de bon matin, c'est-à-dire vers 10/11 heures (et alors ?) pour Marrakech, pour la pause déjeuner, puis Ouarzazate à travers les montagnes de l’atlas quelques peu embrumées au col du Tichka, dans des décors fabuleux.

Avant de continuer, juste une petite péripétie qui en dit long sur le sens de l’accueil des marocains : à une dizaine de Km de Ouarzazate, nous trouvons sur le bord de la route une Logan en rade avec à son bord 4 ou 5 marocains bien embêtés, qui font des signes aux véhicules qui passent par là. Fati me demande de m’arrêter, ce que j’aurais peut-être hésité à faire étant seul, je l’avoue… Ils nous demandent, après s’être renseignés sur notre destination, de transmettre au tonton qui habite à l’entrée de la ville un message de détresse. Ce que nous faisons bien volontiers. Là-dessus, le tonton nous invite chez lui, et nous voilà à faire la causette installés dans le salon devant un thé à la menthe, comme il se doit. (Enfin, pour tout dire, étant accompagné d’une marocaine, la conversation fut composée à 80% de dialectal, mais en ayant la délicatesse de traduire les grandes lignes au fur et à mesure). Dans la foulée, notre hôte a bien voulu nous renseigner sur les hébergements susceptibles de nous accueillir à Ouarzazate, lui précisant que nous étions simplement fiancés (sic). Tout ça pour dire que dans les mêmes circonstances en France, essayez de vous faire offrir le café, ou même juste de vous faire ouvrir la porte de sa maison par un type à qui vous apportez un soi-disant message d’un membre de sa famille soi-disant en panne de voiture… Bref, vous comprenez ce que je veux dire. Mais revenons à nos moutons, comme dirait ma princesse !

Arrivés à Ouarzazate, après la visite de la kasbah de Taourirt et un peu de shopping, il est temps de penser à dénicher un hôtel. C’est là que ça se complique. On se dit qu’on a plus de chance à priori d’être tranquille dans une grande chaîne que dans un hôtel 100% marocain, quitte à payer le prix. Je n’étais surtout pas décidé à prendre 2 chambres, autant mettre dans un super hébergement le prix de deux chambres moyennes, en gros… Pas d’appartements à louer, contrairement à Essaouira où on trouve à l’entrée de la ville tout un tas d’intermédiaires qui vous agite devant le capot de la voiture des trousseaux de clés ! Première visite à l’hôtel Mercure, où je vais en éclaireur pour prendre connaissance des tarifs dans un premier temps : 850 dirhams la chambre double, je me dit qu’on doit pouvoir trouver un peu moins cher, et me voilà à l’hôtel Ibis, jumelé au Mercure : 600 dirhams la chambre double, je dis ok, et nous voilà tous deux devant la réceptionniste, une chambre double pour une nuit, pas de problème, veuillez remplir les fiches, svp, passeport et tout et tout, et là « vous avez un certificat de mariage ? », « non, nous sommes simplement fiancés », « je regrette, vous allez devoir prendre deux chambres »… Et me voilà, avec ma patience qui n’a d’égal que mon amour de l’intolérance, en train de rendre à la dame ses 2 belles fiches de police, prenant ma valise sous un bras et Fati sous l’autre (je plaisante), annonçant à qui veut entendre ce que j’en pense, mais je ne suis pas sûr d’avoir intéressé qui que ce soit à ce moment-là… Nous avons tenté notre chance dans un autre établissement, et j’ai décidé cette fois d’y aller franco, demandant une chambre double pour moi et ma fiancée marocaine, sans certificat de mariage à fournir. Là encore, choux blanc, on nous dit que c’est trop risqué, n’est ce pas, il vaut mieux prendre 2 chambres séparées. Cette fois, on en a assez, Fati est décidée à prendre le risque, tant pis, mais on prend une seule chambre et basta ! Dernier établissement, presque vide, je crois que ça nous a aidé, très chic, 650 dirhams avec petit déj’. Je raconte ma vie au réceptionniste une fois de plus, celui-ci nous dit qu’il vaudrait mieux prendre 2 chambres, je lui dis qu’on n’en prend qu’une, mais qu’il ne nous fasse pas d’ennuis. Il nous tend les 2 fiches de police, en même temps qu’un petit sourire commerçant… Nous voilà casés pour la nuit, merci l’hôtel Fint à Ouarzazate ! A part ça, nous avons passé une très bonne nuit, merci bien, et c’était mérité ! (Petites photos des jardins, pour faire des jaloux).

 

 


Dans l’article suivant, la suite de nos aventures à la recherche d’un couchage, à Arnakkech (pardon, Marrakech), cette fois…

Publié dans Nos rendez-vous

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Ptitamour 14/04/2007 15:52

Avec le temps Kinou, tu apprendras à réserver des villas de Paris pour une semaine avec piscine et tout le toin-toin et éviter de ce fait tous ces petits tracas...
Ptitamour

Kinou 14/04/2007 16:12

Oui, j'apprends très vite, j'ai retenu la leçon de ce premier voyage décidé dans l'urgence et sans préparation... Mais j'aime ça !