139 - Dialectal ( dialogue - adresser la parole )

Publié le par Kinou

Pour adresser la parole à quelqu'un

On peut utiliser plusieurs formules et titres dont les plus honorifiques sont :

ech-chrîf / ech-chrîfa =
le saint / la sainte

"end-k el-werqa â ech-chrîfa ? ( écouter )
vous avez votre billet madame ?

sîdi / lalla = monseigneur monsieur / maîtresse madame

hâd et-triq teddi l es-soûq â lalla ? ( écouter )
cette route mène-t-elle au marché, madame ?

smeh-l-i ndoûz â sîdi ! ( écouter )
permettez-moi de passer, monsieur !

Pour les personnes agées, la formule consacrée est :

el-hâjj / el-hâjja = le pélerin / la pélerine

â l-hâjj wâch jât et-trâne ? ( écouter )
monsieur, est-ce que le train est arrivé ?

el-walîd / el-walida = le père / la mère

tfedli â l-walida ! ( écouter )
je vous en prie madame

Les formules sîdi/lalla et ech-chrîf/ech-chrîfa sont de rigueur chaque fois que la situation impose une certaine distance : dans les administrations, face à un agent de l'autorité, etc. Sîdi peut se réduire à essi s'il est suivi d'un nom, mohamed si l'on ne connaît pas la personne, autrement par le nom que l'on voudrait :

â ssi Driss = ô monsieur Driss !

Le vouvoiement n'existe pas en arabe, mais ce n'est pas parce qu'on vous tutoie que l'on vous manque de respect. le vouvoiement est compensé par des expressions et des formules comme celles que l'on vient de voir.

La formule
moulay/moulâti : mon maître/ma maîtresse, est utilisé dans un contexte de familiarité, un peu comme on utiliserait oralement la formule "mon cher ami/ma chère amie".

On peut aussi s'adresser à quelqu'un sans formule spéciale, en disant :


â l-bent ! ô fille !
â l-weld ! ô garçon !
â er-râjl ! ô homme !
â l-mra ! ô femme !



Au café, ne vous dépaysez pas trop, dites tout simplement garsone, emprunté au français.

garsone, wâhd el"asîr d el-limoûne, "afâ-k ! ( écouter )
garçon, un jus d'orange, s'il vous plaît !


Les noms propres

Au Maghreb et chez les arabo-musulmans en général, le prénom a, par tradition, une grande importance. S'adresser à quelqu'un par son prénom n'est pas une familiarité. Le nom de famille ne joue pas un rôle primordial. Il est d'ailleurs d'introduction récente. Il s'est généralisé au Maghreb, sous l'influence de l'administration coloniale. Les Marocains et les Marocaines portent souvent leur prénom plus la mention du (pré)nom de leur père ou de leur grand-père :

essi bene Abd el-lah
Monsieur le fils de Abdellah

Mouha u Hemmou ez-zayânî
Moha, le fils de Hammu ez-Zayani

Fatna bent el-houssîne
Fatna, la fille d'el-Houcine

De même qu'il existe des prénoms introduits par ben (fils de) ou bent (fille de), il existe des noms introduits par bou (père de, propriètaire de, celui qui a) :

b el-qâssem = le père de Kacim
bou "ezza = celui qui est fier
bou tefliqa = l'homme qui a une blessure à la tête

Les Marocains, comme tous les musulmans, ont longtemps conservé, pour la formation des prénoms, un système qui date de la période anté-islamique : les prénoms se composent de abd (esclave, adorateur) suivi du nom d'une divinité païenne ou d'un astre. Ils l'ont transposé depuis, en le réservant exclusivement à Dieu désigné par son nom comme Abd-el-lah ou par ses attributs comme :

Abd-el-krîm = l'esclave du généreux
Abd-el-latîf = l'adorateur du grâcieux

Beaucoup de prénoms, enfin, se terminent par dîne (religion). Il s'agit de prénoms glorifiant la religion musulmane comme :

zîne-ed-dîne = la beauté de la religion
salah-ed-dîne = la pureté de la religion (= saladin)

Pour solliciter quelque chose de quelqu'un, on fait appel à des formules de politesse comme :

el-lâh ikhellî-k hezz m"a-ya hâd es-sâk ? ( écouter )
s'il vous plaît, pourriez-vous porter ce sac avec moi ?
(le-Dieu il-garde-toi porte avec-moi le-sac)

mene fedl-k, chhâl f es-sa"a ? ( écouter )
s'il vous plaît, quelle heure est-il ?
(par bonté-ta combien dans la-montre)

el-lâh ijazî-k bi khîr, wâch hâdi ed-dâr dyâl essi Driss ? ( écouter )
s'il vous plaît, est-ce que c'est celle-ci la maison de monsieur Driss ?
(le-Dieu il-récompense-toi avec bien est-ce-que celle-ci la-maison de monsieur Driss)

al-lâh ibârk fi-k, el-mahetta d el-kirâne mene hna ? ( écouter )
s'il vous plaît, la station de bus, c'est par ici ?
(le-Dieu il-bénit dans-toi la-station de cars de ici)

Publié dans Cours de dialectal

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