Ma Rose,
Chaque jour je me réveille plein de toi, peinant à quitter mes rêves que tu rends si doux. Le chemin qui mène à toi est pavé d’attente et de projets
impalpables.
J’ai passé nos quatre premiers mois à me demander ce qui pouvait être
pire qu’attendre une rencontre avec une femme qui nous fait vibrer de si loin mais dont on ne connaît que peu de choses. Aujourd’hui je sais. D’abord la pire des souffrances fut de te laisser
derrière moi après avoir vécu ces moments de bonheur, auxquels je n’ai jamais osé croire à force de les espérer.
Et voilà quatre nouveaux mois qui viennent de s’écouler, 120 jours d’errance, 120 levers déçus et 120 couchers repoussés par peur de ton absence insupportable. 120 nuits
hachées, peuplées de toi et vides de tout.
Nous avons partagé en quelques mois plus qu’il
est admis de le faire en 10 années… Quelle sensation étrange, celle de rencontrer quelqu’un pour la première fois et savoir qu’on pourrait passer le reste de sa vie auprès de cette personne sans
hésiter une seconde. Se comporter avec elle comme si elle faisait partie de notre univers depuis toujours. Pas un instant de gêne, pas une seconde de retenue. Nous ne nous sommes pas rencontrés,
nous étions déjà là, l’un et l’autre, nous n’attendions que le moment.
Nos esprits, nos
cœurs, nos corps se réclament, le souvenir de nos étreintes ne s’estompe pas, j’ai encore le goût de ta peau cuivrée, son parfum, le souffle de tes baisers, les mots que tu as prononcés.
Ces quelques jours n’ont été que la promesse de la vie qui nous attend, mon
amour.
Nous n’avons eu le loisir que de goûter ce plaisir d’être ensemble, mais tu sais que
je fais tout ce qu’il est possible de faire pour être près de toi au plus vite. Qu’importe le visa refusé, les attestations qui n’arrivent jamais, l’administration de robots qui prétend vouloir
juger de la qualité de nos sentiments. Je veux ouvrir les yeux sur toi chaque matin, t’éveiller par mes caresses, entendre ces choses que tu sais si bien dire.

Bientôt je couperai mes faibles racines pour un nouveau départ, une nouvelle vie ;
avec ton aide et ton amour, rien de mauvais ne peut arriver.
Je plains ceux qui sont
incapables de me comprendre, les raisonneurs, handicapés de l’amour et de la vie. Ils ne sauront jamais rien du frisson, de l’incroyable frisson que procure la liberté d’aimer selon son cœur et
non selon la raison. Il n’y a pas de liberté sans risque, mais rien d’important n’est à perdre, et le bonheur est à gagner.
Un proverbe japonais dit : « l’espace d’une vie est le même, qu’on le passe en
chantant ou en pleurant. »
Je veux chanter avec toi pour le reste de mon existence, ma
Rose, inchallah…
Je t’aime infiniment.










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