Après avoir quitté Ouarzazate, nous voici à Marrakech, en fin d’après-midi, un peu stressés à l’idée de devoir chercher en urgence un toit pour la
nuit une nouvelle fois. Au pire, si on ne trouve rien de convenable, je suis décidé à reprendre la route illico pour Essaouira !
Premier hôtel, premier refus, pour les mêmes motifs. Deuxième hôtel, idem… En sortant de celui-ci, avec ma bonne bouille de français, je suis abordé par un gus qui squatte la terrasse, un beau parleur, qui m’annonce qu’il a vécu 10 ans en France (à Narbonne), qu’il peut nous trouver une chambre ou même un appartement pas cher, il suffit de téléphoner à son ami, etc… Je vois bien que Fati en a assez, elle est fatiguée et moi aussi, je vais avec le gars, on appelle son ami, celui-ci arrive, nous annonce un appartement dans le centre pour 500 dirhams la nuit. Je sens l’arnaque, et je le dis à Fati, mais on en a marre, alors on tente le coup. Je dis banco, et nous voilà partis tous les 4 dans ma petite voiture, on arrive devant la résidence, nouvel intermédiaire (le gardien), tout le monde monte voir l’appartement, un petit studio confortable. Fati est d’accord, alors on y va, je file au gars ses 500 dirhams, et 50 dirhams en douce au premier rabatteur, qui ne veut pas que son comparse soit au courant... Bon, c’est pas mon problème. Dans mon esprit bien naïf, la commission inévitable était comprise dans les 550 dirhams déjà versés. Que nenni ! Je descends chercher nos bagages, je salue en remontant tout notre petit monde, le gardien me prend généreusement ma valise, je lui file 10 dirhams, il a l’air surpris, mais les prend et me demande si j’ai donné quelque chose à son collègue. Je lui réponds que j’ai payé les 500 dirhams, et qu’ils se débrouillent entre eux pour la répartition. Sur ces entrefaites, le voilà qui me rend ma valise, genre « débrouille-toi, vieux », et repart voir le chef des escrocs (pardon, l’agent immobilier)… De mon côté, je suis déjà remonté dans notre nid douillet, on n’a qu’une envie, ma princesse et moi : une douche, au lit et… dormir… (Ben quoi ?). 2 minutes plus tard, voilà-t’y-pas qu’on toque à la porte. J’ouvre, le gardien est là avec son coreligionnaire, ils demandent devinez quoi ? Leur commission ! Je jette un œil autour de moi dans la piaule, je trouve ni hache ni coupe-coupe à me mettre sous la main, quel dommage !!!! Je file 100 dirhams à nos rois du business, leur claque la porte à la tronche, et bonne nuit tout le monde… Total de la « bonne affaire » : 660 dirhams. Pour ce prix, on aurait pu avoir une super chambre avec petit déjeuner, mais bon, c’est la vie. Fati était désespérée, culpabilisée à mort, et moi au bord de l’homicide, mais au final j’ai réussi à lui faire prendre les choses à la légère, et on en a ri tous les deux. Et puis ça fait partie des souvenirs qu’on se doit d’emporter quand on voyage au Maroc, c’est comme ça. Par la suite, on a eu des fou rires en reparlant de notre « super appartement pas cher» à Marrakech. Plaie d’argent n’est pas mortelle, aujourd’hui c’est un bon souvenir, puisque Fati était là… Même l’enfer serait un délice en sa compagnie !
Voilà, c’était les aventures extraordinaires de Chris et Fati au pays des bons plans… Si vous êtes bien sages, la prochaine fois je vous expliquerai comment
exploser une Fiat Palio avec une C3 de location (si, je vous assure, ça aussi, je l’ai fait !)…









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